Le fabuleux destin de Eric Mangen

Le fabuleux destin de Eric Mangen

02 juin. 2021
Auteur: Godefroy Gordet

Everything is possible

Éric Mangen aura vagabondé longtemps avant de s’installer concrètement en tant qu’artiste en 2013. Il a pourtant commencé à peindre en 1998, sur un mur, dans la tradition du graffiti classique qui l’absorbe alors qu’il n’a que 15 ans. Mais le graff ne lui suffira pas, et les codes de ce courant artistique le brident. Alors même si la pratique restera dans son instinct premier, la bombe comme outil de prédilection, il en vient vite à découvrir d’autres instruments comme les extincteurs, ou tout ce qui peut servir à poser la peinture sur le support.

Il ne faut pas lui poser trop de règles à Mangen, d’ailleurs c’est en bon autodidacte qu’il a fait grandir sa pratique artistique. Passé par l’émission Génération Art by RTL, des jobs plus commerciaux, mais surtout de nombreux voyages de par le monde, il aura trouvé à s’émanciper des dictats sociaux, pour faire fit de ce que pensent les gens, et décliner une œuvre abstraite, privilégiant des grands formats accueillant sa folle énergie, ses intuitions brutes, sa force intérieure et une forme de hasard sous contrôle.

De lieu en lieu, Mangen s’exprime en électron libre, pour montrer un travail des plus fous et exaltants de la scène luxembourgeoise contemporaine. Un entretien entre les pots de peinture fluorescente, au cœur de l’atelier d’Éric Mangen, ferme de Beaufort.

Eric Mangen

© Eric Mangen

C’est votre exposition « INERTIE », au sortir d’une résidence « hors les murs » à l’abbaye de Neimënster, qui vous fait définitivement décoller en tant qu’artiste. Dans cet atelier en plein air, sans vraies bornes, vous en profitez pour travailler à l’extincteur les jets de couleurs, pluies de particules, et autres bombardements de peinture. En quoi cette expérience vous a en quelque sorte dévoilé en tant qu’artiste ?

À Neimënster ça a été un peu le breakthrough pour moi. C’est l’expo’ qui a provoqué mon succès commercial en tant qu’artiste abstrait. En février 2017, Ainhoa – Achutegui, directrice Neimënster, ndlr – me téléphone pour remplacer un artiste qui s’était désisté. Je venais de vendre mon café et mon restaurant. Je terminais un chapitre de ma vie pour me consacrer à mon art, et je reçois cette proposition. C’était un signe. Un mois avant la résidence je suis allé voir ma sœur à Tokyo pendant deux semaines. Je suis revenu déboussolé, la tête pleine de choses. J’ai peint pendant une semaine à Neimënster pour sortir toutes les énergies et les impressions que j’ai eu à Tokyo. J’ai pu travailler avec une institution, un budget de production, une équipe qui m’a aidé. Et puis, je ne sais pas pourquoi, mais énormément de gens sont venus et j’ai vendu presque 80 % de mon travail là-bas. À la même période mon ami Gérard Valerius a ouvert sa galerie – la Valerius Art Gallery, ndlr – et Il m’a coaché en tant que galeriste.

Et depuis 2017, vous exposez et portez des projets un peu partout dans le monde. Ce pas de géant dans votre carrière coïncide avec l’ouverture de la galerie et le soutien de Gérard Valerius ?

Je pense que c’était plus l’attente des gens qui me suivaient depuis le début. Ils n’ont rien vu pendant deux ans, alors bien évidemment ils se sont déplacés à Neimënster. Je raconte toujours l’histoire du poisson qui est dans sa mare et qui connait tout le monde, le petit crabe, la pierre, l’algue. La galerie elle a sorti le poisson, et l’a mis dans un autre étang, où il y a d’autres gens à rencontrer. J’ai toujours été dans la débrouille, l’accompagnement d’une galerie amène un autre sérieux, c’est une énergie différente, une crédibilité différente. En 2018, j’ai fait mon premier solo à la galerie Valerius. C’était la première expo de la galerie et ma première expo avec une vraie galerie. Je n’ai eu que trois semaines pour faire cette expo, j’ai donc fait un peu tout et n’importe quoi… Quand je regarde cette expo aujourd’hui je la trouve horrible, pourtant, les dernières toiles que j’ai produites m’ont amenées à ma pratique actuelle. C’est ce qui m’a permis de m’orienter par la suite. Cette expo n’avait aucune cohérence, mais m’a permis de trouver ma voie. C’est là que j’ai commencé à coller des formes, qui dérangeaient un peu l’image, l’ont cassée. Ces dernières pièces sont devenues le leitmotiv me guidant aujourd’hui.

Eric Mangen

© Eric Mangen

Entre l’été 2018 et 2019, vous voyagez aux États-Unis et deux fois en Australie pour livrer deux séries distinctes, dont certaines toiles y sont restées au sens propre comme figuré. Vous nous parlez de ces deux voyages et leurs incidences sur votre univers artistique ?

J’ai des potes qui vivent à Barcelone et en Australie, certains connus mondialement, qui m’appelaient parfois pour des jobs. On m’a invité en Caroline-du-Nord pour faire un projet pendant 10 jours sur 2000 m², avec un camion de pompier… Aux États-Unis « Everything is possible » ! On était là-bas en été, il faisait très chaud, 40° à l’ombre. Je n’ai pas pu peindre comme je voulais mais pendant les 10 premiers jours j’ai peint 18 heures par jour, et l’expo American Painting a émergé. Après on est allé à New-York. Je pensais y trouver un atelier avec les yeux bleus que j’ai… Mais personne ne répondait au téléphone. J’ai finalement rencontré un type qui était d’accord pour me laisser peindre sur le mur de chantier bordant sa propriété. En trois semaines j’ai peint 35 toiles. Ça a été les débuts de mes expériences de peinture en voyage. En Australie, j’ai loué un espace que j’ai transformé en studio et j’ai fait 22 toiles que j’ai ramené ici pour les exposer. J’y suis retourné en 2019 dans le cadre du programme The Art Series Hotels, du groupe Accorhotels, grâce auquel j’ai peint un hôtel pendant un mois. Je voulais essayer d’amener mon art le plus loin possible, parce qu’ici – au Luxembourg, ndlr – personne ne va venir te chercher.

Vous pensez que c’est un impératif pour un artiste de sortir du pays pour faire évoluer sa carrière ?

C’est ce que j’expliquais à mes potes de Berlin qui me disent toujours « mais tu vends bien ». Effectivement, je n’ai pas de soucis, mais ici on a quatre ou cinq galeries qui valent la peine, un musée d’Art Moderne… Ta carrière elle est assez limitée. Un artiste allemand, il peut exposer à Munich, Francfort ou Berlin. Il peut voyager dans son propre pays. Chez nous c’est impossible. Et puis, je travaille presque tous les jours pendant de nombreuses heures, j’ai beaucoup de toiles, ça vient de mon processus. Alors je les montre où, et comment ? Je ne vais pas faire trois solos par an chez Valerius, donc il faut chercher ailleurs.

D’où l’idée aussi de louer vos propres espaces d’exposition, comme pour ta prochaine exposition « NEON »…

Gérard – Valerius, ndlr –, c’est le premier mec avec qui j’ai eu un vrai échange artistique et philosophique. C’est devenu mon mentor. Je n’ai jamais vraiment eu besoin d’un galeriste, mes expos je les ai développées moi-même, mais à un moment donné tu as fait le tour et tu as besoin de t’entourer. Et puis comme je ne suis pas du genre à exposer quatre toiles – la plupart de mes séries sont des journaux intimes qui méritent d’être vues dans leur ensemble – je cherche toujours des lieux où montrer ce que j’ai à montrer. Là, pour les « fluos », j’ai choisi un hangar de 1500 m², comme en 2019 pour mon exposition In fine, Paradisio, chez Paul Wurth où j’avais besoin d’un espace conséquent, pour exposer mon travail comme il se doit.

Eric Mangen

© Eric Mangen

En parlant de In fine, Paradisio, j’aimerais en venir à cette idée d’intégrer directement le support à l’œuvre dans votre travail. Au Paul Wurth InCub, vous êtes stimulé par de vieilles tapisseries découvertes sur place, que vous récupérez dans votre processus de. Quel changement a provoqué cette série dans votre approche ?

Tout vient du mur chez moi. J’ai appris à peindre sur des murs, et seulement après sur des toiles. Depuis un certain moment, je ne vais pas dire que ça me lasse, mais ça me stimule moins. Ça me fatigue de me dire que je raconte toute l’histoire moi-même sur une toile blanche, c’est un processus qui m’est devenu assez lourd. Chez Paul Wurth, j’ai vu cette tapisserie kitsch, style restaurant chinois et j’ai trouvé ça incroyablement beau. Je me suis dit que c’était déjà trop beau pour en faire une toile. J’ai quand même décidé d’en découper des bouts, que j’ai mis dans mon atelier. J’ai passé un mois à regarder cette tapisserie, en me demandant ce que je pouvais y apporter. Une toile blanche c’est ton ego, c’est relié à toi-même. Là, j’étais comme dans un discours avec le support qui me disait déjà quelque chose. Je suis quelqu’un qui aime sortir de sa zone de confort, je réalise assez rapidement que j’ai besoin de m’évader. Il y a des peintres qui vont garder toute leur vie un truc, moi j’aime essayer d’autres choses et le support est venu de ça et ça commence de plus en plus à m’envahir, c’est devenu une petite peste.

L’année dernière, vous poursuivez votre quête de nouveaux supports à peindre. Vous développez ainsi votre série Tetrapack, qui révèle une nouvelle dimension à votre peinture, qui trouve la texture au râteau et inclut définitivement la surface dans l’idée première de la conception de l’œuvre.

Cette série est venue d’une raison économique tout simplement. En janvier de l’année dernière j’ai créé mon entreprise qui gère tout ça. J’étais à bout de souffle. Je gagnais ma vie mais je n’avais pas d’argent. Je ne pouvais pas acheter des toiles donc je suis allé chez BATI C, et j’ai vu ce support à 25 € les 50 m. Je dois créer tous les jours, c’est médical. Certains artistes qui fonctionnent sur commande, d’autres par l’inspiration, moi c’est nerveux. Je dois peindre, sinon je ne vais pas bien mentalement. Le Tetrapack, c’était la solution. J’ai tout peint en une semaine, et j’ai trouvé un peu de paix. L’argent, t’en as ou pas, ce n’est pas ce qui rend heureux, c’est prouvé depuis 1 000 ans. Ma peinture me nourrit, et aussi l’échange autour de mes toiles…

Vous avez quand même le besoin d’exposer ?

Je dirais plutôt qu’il y a un besoin d’échanges. Depuis le covid, les vernissages sont plus sains, les gens viennent pour l’art, pas pour le champagne. C’est ce qui s’est passé à Berlin pour mon exposition Hier Now. On a eu le droit de faire entrer une soixantaine de personnes qui avaient vraiment envie de voir l’expo’. Quand tu sors de cet aspect commercial, tu parles avec des gens qui ont des questions pertinentes ou qui ont un commentaire et tu as le temps d’engendrer la discussion. Ça m’intéresse beaucoup car je veux savoir ce que les gens ressentent… Il y a quelques temps, une femme m’a contacté en m’expliquant que quand elle voyait une de mes dernières toiles en photo elle avait envie de pleurer. Elle m’a demandé si elle pouvait venir la voir en vrai, je lui ai laissé l’atelier pendant une heure, à la suite de quoi, elle m’a écrit une lettre sur ce moment. C’est magique de voir ce que ton subconscient peut avoir comme impact sur quelqu’un d’autre, et c’est pour ça que je suis et je reste dans l’abstrait.

Eric Mangen

© Eric Mangen

Et pourtant y a quand même l’envie de faire des expositions marquantes, comme votre Monumenta X, au Pavillon du Centenaire-Arcelor Mittal…

Je fais souvent des choses qui n’ont aucun sens. Quand j’ai pu disposer de l’argent que j’avais investi dans ma société, je l’ai utilisé pour financer ma série « NEON »… Je voulais faire l’exposition la plus incroyable que j’ai jamais faite, une expo dont personne ne pourra jamais rien dire parce qu’elle est béton. Le premier confinement a commencé, et j’ai énormément douté, je n’arrivais plus à peindre. Mandy, ma meilleure amie, m’a vraiment aidé. Moi, je pensais déjà tout savoir à 37 ans… Elle m’a expliqué que je devais être libre de faire ce que je veux dans mon atelier. Pour moi, l’atelier c’était ma dictature et quand j’ai trouvé de la liberté, je me suis dit que je voulais faire un truc fou. J’ai tendu une toile de 10 x 3 m, et j’ai passé 29 heures dessus. Tout ce que je voulais faire, je l’ai fait, et c’est là que j’ai compris que j’étais tellement pris par le monde de l’art que j’avais complètement oublié qu’être artiste induit cette liberté. Je me suis dit « fuck everything »… J’ai mis de côté les toiles de « NEON », et je me suis éclaté. J’ai ensuite dit à Gérard Valérius qu’on allait faire une exposition où, vu la taille des toiles, personne ne pourrait acheter. On a loué le Pavillon du Centenaire à Esch, une galerie énorme sous-exploitée, et on a exposé des toiles aux mesures des murs. L’idée était de faire une exposition au format muséal, pour voir ce que ça peut procurer aux spectateurs, une immersion totale dans la peinture… 360 personnes sont venues voir l’exposition en plein lockdown, et les gens restaient, les peintures ne les laissaient pas s’en aller. On n’a vendu aucune toile, c’était complètement anti économique, mais c’était devenu tellement important, partant de l’idée de « qu’est-ce que tu laisses après ». C’ était très personnel, maintenant, je peux passer à autre chose.

En décembre 2020, vous participez à l’exposition collective Bâtiment 4 à l’invitation du collectif Cueva. Au cœur de ce lieu, reliquat des années sidérurgiques de Esch/Alzette, vous travaillez avec Monique Becker à envahir une pièce entière du bâtiment, de couleurs et coups de pinceaux. Travailler en duo ou en collectif à l’appropriation artistique d’un lieu, ça marche de la même manière ?

C’est l’un des rares collectifs avec lequel j’aime travailler. Theid, Jeff, Sergio, Daisy, sont des gens super, qui aident réellement l’art en donnant une vraie plate-forme pour faire des choses. Pour Bâtiment 4, j’ai travaillé avec Monique Becker, que j’apprécie beaucoup. Elle est connue pour faire du sombre, du noir, du noir, et du noir. Alors pour ce projet, je lui ai mis la condition de travailler avec du bleu. Je voulais ramener autre chose. Ça me désole de voir que peu de gens investissent réellement un lieu. Je trouve toujours ça tellement triste qu’on te donne un espace et que tu y ramènes les trucs que t’as fait à la maison pour les exposer comme n’importe où ailleurs. Quand est-ce que tu as l’opportunité d’investir vraiment un lieu ?

Eric Mangen

© Eric Mangen

Dans cette idée d’investir un lieu pour y créer quelque chose d’inédit, c’est ce que vous avez fait à Dudelange dans ce gymnase pour le Pop-up Schwämm Strutzbierg…

Je fais une peinture subconsciente, qui se nourrit de tout et n’importe quoi. Ce que le lieu me livre, c’est aussi avec ça que je travaille. À Dudelange, c’était un projet last minute, typiquement luxembourgeois, on était quelques artistes à investir le complexe sportif et la piscine. Je revenais de Berlin et j’étais complètement dans cette idée de travailler avec ce que je trouvais sur place et ma « caisse à outils ». Ici, les œuvres que j’ai faites sont toutes très symboliques, ce qui d’habitude n’est jamais le cas dans mon travail. En général, ma peinture se décrit comme un accident contrôlé, ou un accident tout court, je pense que la création ne peut qu’être accidentelle, tu ne peux pas la planifier… C’était une belle fin pour ce bâtiment, mais en même temps je me dis qu’on aurait pu faire plus. On a tellement de possibilités au Luxembourg pour faire des choses, et finalement, il y a toujours cette frustration, parce que, même si beaucoup de choses se font, on pourrait faire tellement plus avec les lieux et les talents qu’on a ici. Cette zone de confort que connait le Luxembourg est rarement franchie, c’est dommage.

Vous expliquez que vous reveniez de Berlin, d’une résidence au Alte Münze. Comment vous êtes-vous retrouvé là-bas ?

Têtu comme je suis je me suis lancé dans cette résidence en y dépensant tout mon argent sans attendre d’avoir une bourse. La veille de notre départ on a appris qu’on avait une bourse mais c’est toujours pareil, si on avait attendu, on n’aurait rien fait. Si tu veux vraiment faire quelque chose, tu le fais, sans attendre sur le ministère de la Culture. C’est un peu ça qui handicape le milieu créatif à Luxembourg : peu de gens font ce qu’ils ont envie de faire en en acceptant les conséquences. Bref, cette bourse a couvert la moitié de mon investissement là-bas. Un projet à nouveau déficitaire, mais est-ce que j’aurais dû ne pas le faire ? C’est un peu ce que je reproche aux créateurs et au système dans lequel on est. On est dans le pays le plus propice à l’indépendance et trop peu d’artistes la prennent. Mais bon, moi je suis un artiste gâté, qui fonctionne assez bien, et je peux me permettre de râler (rires).

Eric Mangen

© Marie Capesius

Votre série Hier Now, prenant pour support de vieilles affiches décollées des murs de Berlin, sort de cet engagement à « faire » coûte que coûte.

L’année dernière pour mon anniversaire je suis allé à Berlin, en pleine crise sanitaire, et je me suis dit que j’y retournerais pour y développer un projet. J’avais une vision dans ma tête, je voulais investir un bureau, au dernier étage d’un immeuble, pendant un mois. Finalement on a trouvé la Alte Münze, une sorte de Kufa en deux fois plus grand. J’avais besoin de bouger de mon quotidien, de ma ferme et son calme, voir Berlin et me rendre compte de ce que vivent les gens là-bas, enfermés dans leurs appartements. Et en effet, la situation était vraiment dure. C’était une tout autre dynamique. Je vais là-bas depuis 20 ans, mais je n’avais jamais vu la ville comme ça, et en même temps j’ai vraiment pu découvrir Berlin en tant que ville.

Je me suis plongé dans mon travail pendant 28 jours, à raison de 10 à 14 heures par jour… Lors des allers-retours du studio au logement, j’ai vu toutes ces affiches placardées dans la rue. Je voulais peindre là-dessus. J’ai arraché tous les posters que j’ai pu, avec leur cadre, et leurs imperfections. Ça m’a amusé, parce que c’était un peu du kidnapping de publicité. J’en ai ramené une quarantaine, sur lesquels j’ai travaillé.

Exposition « NEON », jusqu’au 13 juin, 25 rue des Scillas (Howald).