La Commission luxembourgeoise pour la coopération avec l’UNESCO : Un organe aux objectifs multiples

La Commission luxembourgeoise pour la coopération avec l’UNESCO : Un organe aux objectifs multiples

07 juin. 2021
Auteur: Maximilien Colbach

La Commission nationale pour la coopération avec l’UNESCO

Les États membres de l’UNESCO disposent de commissions nationales censées mettre en œuvre les différents programmes et objectifs de cette dernière. Ce modèle constitue un atout de l’organisation, faisant de celle-ci la seule entité des Nations Unies à disposer d’un tel réseau interactif. Tandis que le Grand-Duché avait déjà été admis en 1947 comme 33e membre, sa propre Commission ne fut fondée que deux années plus tard. Depuis 2001 cette dernière est attachée au ministère de la culture où elle occupe un rôle consultatif.

Son activité consiste aujourd’hui principalement à donner suite aux objectifs et programmes de l’UNESCO sur le territoire national. Elle s’efforce non seulement d’informer le public sur les projets divers de l’UNESCO, mais participe également à la concrétisation de ces derniers. La Commission luxembourgeoise occupe un rôle de liaison important, en réunissant les différents acteurs étatiques et privés du pays dans le cadre des programmes primordiaux.

Le patrimoine matériel et immatériel

Depuis la reconnaissance des anciens quartiers de la ville de Luxembourg et de ses fortifications comme patrimoine mondial en 1994, la Commission nationale conseille l’État, en prenant en considération des critères de l’UNESCO. Elle participe ainsi directement à la conservation, la gestion, la mise en scène et l’information sur le site.

À travers l’UNESCO site manager en la personne de Robert L. Philippart elle a recours aux experts et partenaires provenant des secteurs du tourisme, de l’éducation, de la culture, des sciences et de la communication. Récemment la Commission a participé à la création d’une promenade et d’une piste cyclable en collaboration avec le Luxembourg City Tourist Office, visant à sensibiliser le public au patrimoine « matériel » du pays.

Au-delà elle s’engage à encadrer et à préserver le patrimoine « immatériel ». Son but est de maintenir la diversité culturelle face à la mondialisation accrue, en conservant les traditions et coutumes inhérentes, comme par exemple la procession dansante d’Echternach.

© Maximilien Colbach

© Maximilien Colbach

La transmission des valeurs de l’UNESCO

La Commission cherche également à transmettre au mieux les objectifs et valeurs clés de l’UNESCO, comme par exemple la défense de la paix et le respect des droits de l’Homme. À cet effet elle encourage les différents établissements scolaires à rejoindre le réseau global des écoles associées de l’UNESCO appelé « réSEAU », aspirant ainsi à élaborer une citoyenneté mondiale fondée sur les principes de la paix et du développement durable. Cette importance accordée aux valeurs de l’organisation mondiale se manifeste également dans la fondation d’une chaire UNESCO en droits de l’Homme à l’Université de Luxembourg. Celle-ci a été créée en collaboration avec la Commission nationale, avec comme objectif de faire face aux défis de la protection des droits humains et à examiner les nombreuses questions essentielles par le biais d’un échange interdisciplinaire.

L’homme et la biosphère

Depuis 2017 les efforts de la Commission se sont concentrés davantage sur le programme « l’Homme et la Biosphère » (Man and Biosphere - MAB) de l’UNESCO. Ce dernier met l’accent sur la région « Minett » au sud du Grand-Duché et ambitionne d’améliorer les relations entre les habitants et la nature. D’un côté son objectif est de conserver la biodiversité et les écosystèmes du territoire. D’un autre côté il vise d’une manière plus générale la promotion du développement économique durable et soutient plusieurs projets éducatifs et environnementaux.

Ce projet a été réalisé et coordonné en collaboration avec le « comité MAB » disposant du support du syndicat PRO-SUD et des onze communes associées.

Géoparcs UNESCO

Un autre projet en cours de développement est celui du « Natur- & Geopark Mëllerdall ». Ce dernier met en avant les atouts géologiques de la région en favorisant un tourisme à la fois éducatif et écologique. Son but est d’attirer l’attention des visiteurs sur le patrimoine naturel et géologique du Grand-Duché. Ayant déposé une candidature d’adhésion au programme des Géoparcs mondiaux de l’UNESCO, la Commission nationale attend actuellement avec impatience la décision prévue pour 2022.

Plus d’informations : https://unesco.public.lu/fr.html