Le Beethoven Tag: les 9 symphonies du 6 juin!

Le Beethoven Tag: les 9 symphonies du 6 juin!

03 juin. 2021
Auteur: Isabelle Debuchy

Le 6 juin, l’Europe célébrera le « Beethoven Tag », en direct sur ARTE. À Luxembourg, la 4e Symphonie du maître, jouée par l’OPL, sera accompagnée d’une chorégraphie hip-hop signée Sylvia Camarda.

Depuis neuf pays, la chaîne franco-allemande retransmettra en direct, à partir de 13h, neuf symphonies du prodige musical du classicisme, Ludwig van Beethoven. Une seule journée dans 9 villes européennes emblématiques et 10 heures de musique en direct !

Un voyage musical et géographique qui commencera à Bonn, ville qui l’a vu naître en 1770, et qui se terminera à Vienne, où il est mort en 1827, à 56 ans. Luxembourg sera l’une des neuf capitales honorant la mémoire du grand « Ludwig van », avec la sautillante 4e Symphonie, interprétée par l’Orchestre philharmonique du Luxembourg (OPL), en plein air et en direct à 16h, pour un dispositif technique autour de la Philharmonie, réalisé par Stefan Mathieu et produit par la société Manufactura Pictures de Yann Tonnar.

© Alfonso Salgueiro Lora

© Alfonso Salgueiro Lora

Beethoven…

Qui n’a pas en mémoire la Lettre à Elise, la Sonate au Clair de Lune ou encore l’Ode à la joie qui a donné ses notes à l’hymne européen ? Icône populaire ignorant les frontières culturelles et géographiques, Beethoven a ouvert la voie d'une musique nouvelle, empreinte de liberté et de sensibilité, marquant l’imaginaire collectif. Ses symphonies, écrites entre 1799 et 1824, restent un monument sacré, dont le chiffre neuf est devenu une sorte de nombre d’or.

La Symphonie n° 4, en quatre mouvements, est une œuvre pleine de charme, qui tranche avec les deux « monuments » qui l’encadrent  la Symphonie n°3 et la Symphonie n°5.

Dans ses écrits sur les symphonies de Beethoven, Berlioz la décrit comme une œuvre qui abandonne entièrement l’ode et l’élégie, pour retourner au style moins élevé et moins sombre, le caractère de cette partition est généralement vif, alerte, gai ou d’une douceur céleste, et palpite autant de vie instinctive que de raffinement.

Comme les autres symphonies du maestro, celle-ci venue du cœur saura atteindre celui des auditeurs, une médiation dont font écho Sarah Bergdoll de la Fondation EME et la chorégraphe Sylvia Camarda, témoins en première ligne du rayonnement de cette journée particulière.

Que représente ce projet pour vous?

Sarah Bergdoll : La Fondation EME est très fière et reconnaissante de pouvoir collaborer avec l’OPL et son maestro Gustavo Gimeno, la Philharmonie Luxembourg et Manufactura Pictures pour cet événement. Les chorégraphies de Sylvia Camarda nous émerveillent. Elle a ce talent de créer des liens personnels très forts avec ses participants. Beethoven’s Dance fait partie du projet « CreativityLab » que nous proposons au Lycée Technique du Centre – Annexe Kirchberg. Ce lycée accueille des primo-arrivants de tous les backgrounds migratoires, des jeunes entre 14 et 17 ans, issus de plusieurs nations, qui déploieront leur talent et passeront en live sur ARTE. 

Sylvia Camarda : Le Hip-hop a été une manière de captiver des jeunes, de les intéresser à la danse, de leur donner confiance en eux, de leur montrer qu’ils sont capables de faire des gestes de danse acrobatique au sol, avec des mouvements de hip-hop codifiés et leur faire prendre conscience de leurs corps.

© Alfonso Salgueiro Lora

© Alfonso Salgueiro Lora

Quels liens ont été pensés entre Beethoven, EME et le Hip-hop ?

Sarah Bergdoll : Ce triangle Beethoven, EME, Hip-hop, s’est créé un peu par hasard. Nous avions élaboré un projet pour le lycée, avec lequel nous collaborons depuis plusieurs années. La chaîne Arte a demandé à la chorégraphe si elle voulait participer au « Beethoven Tag », elle a directement pensé à EME et aux jeunes. Beethoven était en un sens un compositeur « moderne » pour son temps. Dès lors, pourquoi ne pas imaginer une chorégraphie contemporaine sur une œuvre musicale classique ?

Sylvia Camarda : Toute la symphonie n’est pas dansée, certaines séquences uniquement. Quand j’ai entendu cette 4e Symphonie la première fois, j’ai réalisé le défi que cela représentait pour la chorégraphier. Les jeunes du projet « CreativityLab » ont pu découvrir que la musique de Beethoven se prête au hip- hop. L’essentiel pour eux a été d’entrer dans le flow, de transmettre une énergie pour témoigner de leur joie de vivre.

« Ô amis, pas de ces accents ! Laissez-nous en entonner de plus agréables, Et de plus joyeux ! » Le Beethoven Tag s’inscrira donc dans l’esprit de ces vers du poème de Schiller : Ode à la joie, écrit en 1785, et mis en musique dans la 9e Symphonie de Beethoven. Et Victor Hugo de conclure en parlant de l’œuvre de Beethoven « Les Symphonies de Beethoven sont des voix ajoutées à l’homme. Cette étrange musique est une dilatation de l’âme dans l’inexprimable… ». Rendez-vous donc en direct le 6 juin pour vivre ce grand moment musical et chorégraphique !