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Author: liz.wolteralac.lu
Auteur
Isabelle Debuchy

©Boshua

En décembre 2020, la pièce Rabonzel montée pour les Théâtres de la Ville de Luxembourg a réjoui petits et grands… sur les écrans. En lien avec ce spectacle, et ce dans le cadre des « Samedis au Capucins »1,  a eu lieu une visioconférence sur le thème de la représentation et de la présence des femmes dans le théâtre.

Dédié aux femmes, le programme de cette saison théâtrale 2020-21 s’articule autour de spectacles, de lectures et de rencontres, avec pour objectif de renforcer le rapport entre les artistes et les spectateurs et d’encourager le dialogue. Et c’est autour de Christiane Kremer, journaliste et modératrice du débat, qu’étaient rassemblées Corinna Niemeyer, la nouvellement nommée directrice artistique et musicale de l’Orchestre de Chambre du Luxembourg, Anne Simon - metteuse en scène, Philippine Ordinaire - scénographe, Catherine Somers - costumière, scénographe et modiste, et Nora Haeck qui a nouvellement rejoint l’équipe du Grand Théâtre.

En une polyphonie, toutes ont mis en évidence le manque flagrant de parité dans leurs métiers. Dans le domaine musical, par exemple, rares sont les femmes cheffes d’orchestre. Même constat pour les  metteuses en scène. Toutes les conditions devraient pourtant être réunies pour que femmes et hommes disposent des mêmes chances d’accéder aux postes qui correspondent à leurs formations, mais, hélas, l’égalité professionnelle ne franchit pas (encore) le seuil des théâtres et des salles de musique. Tout en se gardant bien de faire du « Benevolent sexim », une pratique qui consiste à attribuer aux femmes des attitudes spécifiques ou des différences fondamentales, le panel a exploré ce qui les freine dans l’évolution de leur carrière professionnelle, et notamment la difficulté de la conjuguer avec la vie personnelle et familiale. Puisant dans leur expériences personnelles, toutes ces actrices du paysage culturel à Luxembourg ont échangé sur ce monde contemporain qui les formate. « Peu d’hommes deviennent costumiers » souligne Catherine Somers ; peu de femmes deviennent techniciennes admettent-elles.

Rabonzel, à cet égard, illustrait ces propos : « pas une femme, hors des comédiennes, n’était à l’affiche du spectacle », comme l’a souligné Tom Leick-Burns, directeur des Théâtres de la Ville. A la fin de chaque année, il est de coutume pour les Théâtres de la Ville de Luxembourg de redonner vie aux contes de fées en luxembourgeois. L’histoire de cette jeune fille, enfermée dans une tour, a été réécrite pour l’occasion par l'auteur Jeff Schinker. Le spectacle, mis en scène par Charles Muller a réuni un ensemble d'acteurs et de musiciens pour raconter le rêve de l’héroïne du conte revisité : devenir une chanteuse célèbre.

Faire à l’avenir preuve d’une grande vigilance dans la distribution, conclut Tom Leick-Burns, fera avancer sans nul doute la cause des femmes mais également celle d’autres personnes discriminées quelles qu’elles soient. « Depuis la crise sanitaire, les problèmes existants qui pèsent sur les femmes artistes sont encore plus apparents » note Anne Simon. Le débat reste ouvert, en attendant des initiatives concrètes pour lutter contre les stéréotypes qui sévissent encore, sur la place des femmes dans le domaine culturel.


1 Les rencontres mensuelles « Les Samedis aux Capucins » consistent en un rencontre culturelle décontractée d’un nouveau genre.