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Author: stephan.schuster
Auteur
Ministère de la Culture

Dans la vie professionelle, Tullio Forgiarini est professeur d'histoire. Pendant son temps libre, il écrit des livres, des pièces de théâtre et des scénarios ancrés dans la fiction et la réalité. La traduction allemande de son roman "Amok", qui a été récompensé par le prix européen de littérature en 2013, sera publiée le 22 septembre. L'auteur reflète sa vie d'écrivain et l'actualité sociale.

Que ce soit dans le bus ou dans un café, Tullio Forgiarini aime observer ses semblables et réfléchir sur leurs relations interpersonnelles. Cela lui arrive tout à fait automatiquement. Dans ces récits, il tisse les découvertes résultant de son pouvoir d'observation. "Toutes les anecdotes que je raconte sont tirées d'une façon ou d'une autre de la réalité. Je ne peux écrire que sur des choses que je connais."

Dès son enfance, l'auteur s'est intéressé aux histoires et, avec tout le sérieux de la jeunesse, a osé écrire son premier roman, qui à la fin n'a jamais dépassé une page. À 16 ans, il écrit des poèmes dont il est très convaincu à l'époque, mais qui ne verront jamais le jour. Après ses études d'histoire en France, Tullio Forgiarini envisage une thèse de doctorat, mais ressent plutôt le besoin d'écrire des fictions. Son premier roman "Miss Mona", un roman policier pleine d'ironie, a été publié par un éditeur français en 2000. Depuis lors, il n'a pas cessé d'écrire.

Une envie de varier

Tullio Forgiarini aime aussi beaucoup lire. Une fois qu'il a découvert un livre intéressant d'un auteur, il essaie de les dévorer tous. Récemment, il a lu toutes les œuvres de la polonaise Olga Tokarczuk, une narratrice sobrement réaliste, qui a reçu le prix Nobel en 2019. Mais ce ne sont pas ces lectures qui l'ont poussé à écrire. C'est plutôt parce qu'il est un être humain très réfléchi. C'est ainsi qu'une histoire surgit d'abord dans son esprit. Ce n'est que dans un deuxième temps que le narrateur décide de la forme sous laquelle son histoire est racontée. Pour lui, l'écrit est la meilleure forme d'expression. Il préfère écrire le matin, au maximum une heure. S'il écrit plus longtemps, il se peut, qu'il se lasse de ce qu'il a composé.

L'auteur a déjà expérimenté dans plusieurs langues et formes littéraires. "Tout n'est pas réussi, mais j'ai envie de varier." Pour son livre "Amok", publié en 2011 et récompensé par le prix européen de littérature en 2013, il était tout de suite clair qu'il l'écrirait en luxembourgeois en raison du sujet traité. Le roman raconte l'histoire de deux jeunes négligés et profondément traumatisés qui participent à un programme éducatif pour les décrocheurs d'école et basculent encore plus dans le noir. "L'écriture est comme une thérapie qui doit faire mal, sinon ce n'est pas une thérapie."

Un appel sociocritique

En fait, il n'écrit pas de livres avec un message direct. "Je pense que mes livres se caractérisent principalement par mon humour noir, mais aussi par une référence sociocritique.". Il trouve dommage que, bien que de nombreux lecteurs commentent son choix de mots extemes dans le roman, cela n'ait pas conduit à plus de discussions publiques sur les difficultés réelles à l'école. Les gens ont du mal à imaginer ce que vivent les jeunes, même au Luxembourg. En tant qu'enseignant, il a beaucoup à faire avec les problèmes des jeunes. C'est surtout maintenant, à l'époque de Corona, qu'il remarque que les problèmes sociaux deviennent encore plus aigus. Les élèves qui d'habitude surmontent les défis de l'école avec aisance, n'ont pas trop de problèmes, même en ces temps difficiles. Pour les élèves qui ont déjà des problèmes dans leur vie scolaire normale, c'est devenu encore plus difficile. "J'ai l'impression que les problèmes sociaux sont encore trop négligés dans la littérature luxembourgeoise".

Le prix littéraire européen comprend également une aide aux traductions pour les éditeurs étrangers qui souhaitent publier un livre. "Amok" a été par exemple traduit en italien et récemment en serbe. Dans quelques semaines, le roman sera aussi publié par l'Arena Verlag dans une traduction allemande par Luc Spada sous le titre "Leben. Nehmen". À la Foire du livre de Francfort 2018, Tullio Forgiarini a participé à une discussion sur la délinquance juvénile avec l'écrivain allemand Stefan Gemmel. L'auteur allemand a transmis le livre à sa propre maison d'édition, qui le commercialise désormais comme lecture scolaire. Pour la traduction, le choix des mots a été légèrement désamorcé à la demande de l'éditeur. L'auteur est très curieux de savoir comment son livre sera reçu en Allemagne. Peut-être les professeurs d'allemand au Luxembourg oseront maintenant traiter le livre dans leurs cours.

L'écrivain a passé le confinement et les vacances d'été principalement en écrivant et révisant ce qu'il avait déjà créé. Il a terminé un nouveau roman en français, qui doit être révisé en vue d'une éventuelle publication l'année prochaine. Il a aussi écrit une courte pièce de théâtre pour le Kinneskbond Mamer. "Marguerites", une pièce dans l'air du temps, sera jouée les 11 et 12 décembre. Dans un monde pandémique, la protagoniste Marguerite, une activiste convaincue, se trouve confinée et confrontée à ses propres plaisirs égoïstes et une ombre mystérieuse. Le 26 septembre, Tullio Forgiarini aura également une lecture au Prabbeli à Wiltz dans le cadre de la série d'événements "Garden Sounds".