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Author: liz.wolteralac.lu
Auteur
Pablo Chimienti

© Daniel Clarens

La Cinémathèque et l’Université du Luxembourg lancent, lundi 15 février, la 11e saison de leur Université Populaire du Cinéma, dédiée cette fois-ci au cinéma documentaire.

C’était en 2010 quand la Cinémathèque de la ville du Luxembourg et l’Institut d’études romanes, médias et arts de l’université grand-ducale lançaient l’Université Populaire du Cinéma. Un projet d’éducation à l’image pour adultes rapidement surnommée l’UniPopCiné par ses adeptes.  

« Le véritable discours du cinéma c’est le discours entre les films » lance Claude Bertemes, conservateur à la Cinémathèque de la ville de Luxembourg. Il ajoute « Un film n’est pas un truc isolé, il s’inscrit dans l’histoire et l’esthétique du 7e Art. Les films communiquent toujours, directement ou subrepticement, avec les autres films ». L’UniPopCiné veut justement mettre en évidence cette communication pas toujours visible à l’œil non averti.

Le projet prévoit donc un cycle de conférences, « pensé vraiment comme une formation sur l’année, un peu comme une année académique, avec des ciné-conférences, un fascicule proposant une petite anthologie de lecture et un approfondissement de chaque leçon, des films, un test à choix multiples à la fin et une sorte de diplôme ès-cinéphilie » explique Gian Maria Tore, professeur assistant à l’Uni.lu.

© Daniel Clarens

La communauté UniPopiste

Chaque saison de nouveaux spectateurs se sont joints à cette formation populaire proposant une nourriture pour l’esprit et également pour le corps avec, à chaque séance, une boisson et des propositions de fingerfood inclus dans le package. Certains spectateurs sont là depuis les débuts. « Des gens se sont rencontrés à la première saison de l’UniPop et une communauté s’est créée, on les appelle les UniPopistes » expliquent les organisateurs. Année après année, ces cinéphiles ont ainsi pu profiter de ces formations sur des thématiques diverses : l’histoire du cinéma, les genres, les langages du cinéma, les styles, les critères d’évaluation d’un film, Hollywood, les acteurs, les auteurs… dans une alternance entre « saisons plus historiques, plus esthétiques ou plus conceptuelles » souligne Gian Maria Tore.

Cette année, ce sera le tour du documentaire, « trop souvent considéré comme un parent pauvre de l’histoire du cinéma », note Claude Bertemes. Il poursuit : « C’est comme s’il y avait un schisme entre deux univers, avec d’un côté le cinéma de fiction d’une grande force esthétique et créatrice et, de l’autre côté, le documentaire dont la mission principale serait d’archiver le monde pour les générations futures. C’est un malentendu. La confusion vient, selon moi, de l’idée que le documentaire est une image neutre, une captation objective et authentique de la réalité. Comme si le documentaire était juste un miroir du monde. Mais le documentaire, en fait, est avant tout un regard sur le monde. D’où le titre de cette saison « Constructions du réel » ».

Gian Marie Tore complète les propos de son acolyte : « Pendant cette saison, on montre que le documentaire a de multiples formes et peut être tout aussi créatif et aventureux que le cinéma de fiction ».

© Daniel Clarens

Trois scénarios pour une saison Covid

Bouleversée par le Covid, cette onzième saison ne propose que six rendez-vous, au lieu des dix habituels. L’abonnement annuel et les films supplémentaires proposés tous les dimanches après-midi selon le thème mensuel de l’UniPopCiné ont été laissés de côté, tout comme le fingerfood, le test de fin de saison et le diplôme ès-cinéphilie.

Cette année, les tickets sont vendus uniquement à la séance. Le premier cours est prévu le lundi 15 février avec un « Éloge du documentaire », il sera suivi le 22 février par « Le documentaire raconte des histoires », puis le 29 mars par « Le documentaire est poésie », le 26 avril par « Le documentaire est observation », le 31 mai par « Le documentaire est participation et performance » pour finir, le 28 juin, avec « Le documentaire est réflexion ».

À chaque fois, comme d’habitude, une ciné-conférence et la projection d’un film sont au programme. L’organisation a été adaptée: comme le respect des règles Covid impose une jauge réduite en salle, les organisateurs ont prévu trois scénarios différents. Si les salles de cinéma sont ouvertes et que les conférenciers peuvent venir au Luxembourg, la conférence sera présentée deux fois de suite, à 18h et 19h30. La deuxième fois, elle sera suivie de la projection du film. Si les salles restent ouvertes mais que les conférenciers ne peuvent pas faire le déplacement jusqu’au Grand-Duché, les organisateurs prévoient une version hybride avec le public en salle à 19h30, la projection du film, mais avec la conférence projetée par grand écran, ainsi que, pour ceux qui n’ont pas pu obtenir de ticket, en ligne, gratuitement.

Un système en ligne qui sera d’autant plus utile dans le cas du scénario catastrophe qui imposerait à nouveau la fermeture des salles; dans ce cas, toutes les présentations seraient proposées par visio-conférence. « C’est la garantie pour que l’UniPopCiné de cette saison ait malgré tout lieu de A à Z » précisent les responsables, bien conscients que tout risque encore de changer d’ici la fin du projet en juin.

Les cinéphiles et les curieux intéressés par cette onzième saison de l’Université populaire du cinéma sont invités à suivre les dernières informations sur le site du projet : unipopcine.lu.