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Annexes du Château de Bourglinster

 

Le 13 avril 2016, la réunion de réflexion sur la culture en région a eu lieu dans les Annexes du Château de Bourglinster. Cette rencontre, qui réunissait 26 personnes du secteur représentant les centres culturels régionaux, festivals de musiques, services culturels communaux, bibliothèques régionales et sites patrimoniaux a été l’occasion d’examiner de près l’état actuel du secteur, d’identifier ses besoins et de déterminer ses objectifs afin de réfléchir ensemble aux moyens pour les atteindre.

Sujets :

  • Quels sont actuellement les grands défis du secteur de la culture en région au Luxembourg ? 
  • Quelles sont vos attentes à l’égard des Assises culturelles qui se tiendront au cours de l’année 2016 ? Selon vous, quels messages devront ressortir de ces Assises ? Quelles suites devront être réservées aux Assises ? 


Synthèse des discussions :
 
Question 1 : Quels sont les grands défis du secteur de la culture en région au Luxembourg ?
 

  • L’importance de la Culture au sein de la société 
    • Reconnaître et souligner le rôle primordial de la Culture pour le développement de la société : la Culture constitue un important facteur d’intégration proposant des lieux de rassemblement et invitant à la tolérance ;
    • Accentuer le poids économique de la Culture, créatrice de richesses, génératrice d’emplois et d’activités pour le pays ;
    • Elément clé pour l’amélioration de la qualité de vie, la Culture est un moteur économique non négligeable ;
    • Relever l’apport économique de la Culture au PIB du pays ;
    • Mettre un accent sur l’importance de la Culture au sein de la société par une meilleure médiation culturelle ;
    • Majorer la conscience culturelle auprès de tous les citoyens. 

 

  • Importance de la Culture auprès du public et des médias 
    • Clivage d’estime et de visibilité entre l’offre culturelle en ville et en région ;
    • Déplacement unidirectionnel du public. Le public résidant dans la capitale se déplace moins facilement en région tandis que le déplacement opposé se fait plus aisément ;
    • Couverture médiatique moins importante pour les spectacles culturels en région. Les journalistes s’y déplacent moins fréquemment pour les conférences de presse ;
    • En région, la liberté artistique de la programmation culturelle est fortement liée au comportement de consommation culturelle du public ;
    • Repenser les maisons culturelles en termes de rayonnement régional et transfrontalier pour aller activement à la recherche de nouveaux publics ;
    • Développer le public ;
    • Sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge afin qu’ils deviennent des futurs consommateurs culturels ;
    • Encourager la formation et l’éducation du public. 

 

  • Importance de la Culture auprès des instances politiques 
    • Désintérêt ou incompréhension parmi les décideurs politiques communaux et nationaux pour ce qui est de l’importance et du rôle de la Culture dans notre société ;
    • Absence d’un réel parti pris pour la Culture au niveau des communes, les conseils communaux étant souvent occupés par des personnes issues d’autres domaines d’activités ;
    • Le budget culturel étatique reflète l’importance que le gouvernement attribue à la Culture, perçue actuellement comme délaissée par la politique nationale.
    • Améliorer le dialogue entre le ministère de la Culture et les institutions culturelles régionales ;
    • Plus de reconnaissance par les dirigeants politiques à l’égard des besoins et des bénéfices des acteurs culturels régionaux et face à l’importance de leur travail culturel au service de la société ;
    • Redonner de l’importance à la Culture en région moyennant une politique culturelle décentralisée. 

 

  • Impact de la Culture 
    • Se départir de la nécessité pour les structures régionales de justifier leur raison d’être moyennant des données quantifiables (nombre de visiteurs/d’entrées) ;
    • L’impact de la Culture n’est pas quantifiable. Le succès du travail culturel devra tenir compte de l’impact culturel, social et économique qu’il exerce sur le développement territorial ;
    • Définir une méthodologie permettant de mesurer l’impact culturel non uniquement en termes de données chiffrables. 

 

  • Financement de la Culture 
    • Remédier à la disparité du budget culturel alloué aux structures en région et aux structures en ville ;
    • Définition d’une ligne politique claire en matière de subventionnement : repenser la stratégie de distribution des deniers publics en faveur d’une offre qualitativement supérieure ;
    • Les centres culturels régionaux sont confrontés aux problèmes liés à la retenue à la source forfaitaire de 10% (RTS) sur les prestations artistiques des non-résidents ;
    • L’indexation des salaires a un impact négatif sur programmation culturelle ;
    • Assurer une sécurité financière aux acteurs culturels par une planification financière pluriannuelle ;
    • Contrer la tendance négative des finances publiques pour atteindre à nouveau 1% du budget étatique pour la Culture ;
    • Augmenter les moyens pour les structures en région (bibliothèques/centres culturels régionaux) afin de pouvoir mieux réaliser les missions qui leurs ont été octroyées par le ministère de la Culture ;
    • Soutenir davantage les maisons culturelles favorisant la création artistique au lieu de l’achat de productions. 

 

  • Éducation à la Culture 
    • Les centres culturels régionaux et les bibliothèques sont les acteurs clés de l’enseignement culturel non formel ;
    • Les structures culturelles en région sont le premier contact avec le public, en particulier avec les enfants et les non-initiés à la Culture ;
    • Concertation plus ciblée entre le ministère de la Culture et le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse ;
    • Absence de mesures éducatives conséquentes ;
    • Étendre l’offre pédagogique s’adressant actuellement en priorité aux élèves ayant des difficultés d’apprentissage ;
    • Favoriser des rencontres entre les écoles et le domaine culturel ;
    • Favoriser l’éducation culturelle pour les enseignants afin de développer le futur public.
    • Favoriser et encourager l’éducation culturelle dès le plus jeune âge. 

 

  • Absence d’un cadre référentiel et de missions claires pour les acteurs culturels en région 
    • Tout acteur culturel doit être un « allrounder », càd assumer plusieurs fonctions (Directeur, relations publiques, communication, technicien, etc.) ;
    • Absence d’une cartographie régionale présentant les structures existantes ;
    • Reconnaître et consolider les structures et l’offre culturelle existante par rapport à de nouvelles initiatives ;
    • Les centres culturels régionaux sont des lieux de production et de diffusion ayant l’obligation de réserver des espaces de création et d’expérimentation aux artistes nationaux
    • Garantir le maintien de la créativité dans l’exécution journalière des actions culturelles ;
    • Soutenir la création nationale étant tout aussi importante que la diffusion de spectacles afin de favoriser une certaine pluralité et diversité de l’offre culturelle ;
    • Clarifier les missions des acteurs culturels régionaux et la volonté politique à l’égard des structures culturelles régionales ;
    • Définir un cadre de politique culturelle conférant plus de poids aux structures régionales par rapport aux dirigeants communaux, leur permettant de mieux se désaffecter de certaines activités imposées et allant souvent à l’encontre des missions octroyées par le ministère de la Culture. 


Question 2 : Quelles sont vos attentes à l’égard des Assises culturelles qui se tiendront au cours de l’année 2016 ? Selon vous, quels messages devront ressortir de ces Assises ? Quelles suites devront être réservées aux Assises ?
 

  • Positionnement clair du ministère de la Culture par rapport aux institutions culturelles régionales ;
  • Redonner de l’importance à la Culture en région moyennant une politique culturelle décentralisée ;
  • Remédier à la disparité budgétaire inégale entre la région et le centre-ville ;
  • Cadre référentiel de politique culturel définissant les missions conférant autonomie et indépendance aux acteurs culturels ;
  • Développement des coopérations interministérielles ;
  • Garantir le suivi des Assises 2016 par des réunions en « groupes de réflexion » à échéance régulière ;
  • Le plan de développement culturel est une nécessité.