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Author: lisi.schoen
Auteur
Isabelle Debuchy

Capitale Européenne de la Culture en 2022, Esch-sur-Alzette affermit une stratégie d’envergure étroitement associée au « développement durable ».

Parmi les projets retenus, l’exposition « 1001 Tonnen » de la photographe luxembourgeoise Jessica Theis qui porte un regard sur la mentalité consumériste, confrontée aux problèmes environnementaux.

L’entité Esch2022 a pour devise : « Remix Culture ». Un leitmotiv et quatre déclinaisons « Remix Art », « Remix Europe », « Remix Nature » et « Remix Yourself » avec comme objectif de créer des synergies artistiques liées au développement durable qui pose, du local au global, des enjeux économiques, écologiques, sociaux, culturels et humains.

« Intégrer le développement durable dans la stratégie d’Esch2022 constitue une belle opportunité de renforcer sa présence et sa pertinence au niveau régional et de rapprocher les différents acteurs du projet liés par la culture », déclare Thierry Kruchten, responsable du tourisme, de la mobilité et du développement durable auprès d’Esch 2022, puis il poursuit : « La plupart des gens associent la durabilité aux thèmes environnementaux. Ceux-ci sont centraux, mais les dimensions économiques et sociales sont toutes aussi importantes».

Ces réflexions, dans le domaine du développement, d’Esch2022 s’effectuent en étroite collaboration avec le ministère de l’Environnement. Elles sont inscrites au calendrier à l’horizon 2030 avec ses dix-sept objectifs qui englobent à la fois les droits fondamentaux que sont entre autre la lutte contre la pauvreté et l’éducation, l’égalité entre les hommes et les femmes. Ils mettent également l’accent sur la consommation durable et la protection des sols. Le projet porté par Jessica Theis s’inscrit dans la lignée d’une culture qui se mobilise autour de l’environnement.

Jessica_Theis_(c)_jess_photography
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Avec des images fortes, Jessica Theis traduit ses convictions. Elle participe ainsi à l’intégration sensible des enjeux du développement durable et dénonce en images et témoigne de l’incivisme des citoyens. Elle pointe les décharges illégales laissées dans la nature, l’accumulation des déchets de salles de bains déversés dans les bois, des voitures abandonnées sur le bord de la route, des déchets laissés après un barbecue, des paquets de cigarettes et des boîtes de conserve jetées des voitures, des briques et des débris de construction laissés à l’abandon. Autant de photographies qui envisagent en filigrane de nouvelles relations entre l'humain et son environnement.

Créer une attention est un premier pas vers la prise de conscience, et, avec ce focus, Jessica Theis interroge le lien étroit entre art et écologie en nous invitant à renoncer au consumérisme et à adopter une conduite éco-exemplaire. La photographe veut montrer dans le même temps, les effets de nos comportements de consommateurs et de la société du gaspillage. Elle s’insurge : « Pourquoi achetons-nous autant ? Pourquoi remplaçons-nous toujours nos affaires au lieu de les réparer ? Comment pouvons-nous contrer cela ? Que pouvons-nous faire en tant qu'individus ? Que pouvons-nous faire dans notre cercle d’amis, dans notre famille, au travail ? ».

Jessica_Theis_(c)_jess_photography_1001tonnen66
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Un tel questionnement est d’autant plus fondé qu’il nous rappelle que la notion de culture a été inventée dans une relation étroite à la nature, et sur une base lexicale qui implique les notions d’habitabilité, d’entretien et de soin : la culture est au sens propre et premier agricultura, « culture de la terre » et originairement une écologie. Comme tout organisme vivant, la culture est un écosystème dont les règles évoluent et interagissent avec l’environnement qui l’inclut.

La stratégie à long terme de développement durable, initiée par Esch2022, nous invite à un examen de conscience porteur de changements. Le moment est venu de réaliser que la culture n’est pas seulement un secteur, mais qu’elle est aussi une expérience qui modèle notre milieu de vie. L’ensemble des projets culturels de « Remix Culture » vont-ils nous inciter à mettre en perspective la durabilité dans nos vies quotidiennes et à viser à terme la sobriété plutôt que le consumérisme compulsif ?

Déchets par Jessica Theis ©Jessica Theis- 1001tonnen