Back to top
Author: liz.wolteralac.lu
Auteur
Pablo Chimienti

Bonne nouvelle : L’Association des Artistes Plasticiens du Luxembourg (AAPL) ouvrira en février 45 ateliers d’artistes regroupés dans un bâtiment d’appartements de service de l’ancienne école de Police à Bonnevoie. Et il reste encore de la place !

Les artistes ont besoin de locaux pour travailler, mais trouver un atelier n’est pas toujours chose aisée au Grand-Duché où les prix de l’immobilier sont élevés. L’AAPL (Association des Artistes Plasticiens du Luxembourg), asbl née en 2013 dans le but de défendre les intérêts des artistes, a donc fait de la création et mise à disposition de nouveaux ateliers une de ses missions.
Ces dernières années des ateliers ont été créés à Bourglinster ou encore à Differdange, mais « le besoin est là depuis très longtemps et continue à se faire sentir, surtout en ville » souligne la présidente de l’association, l’artiste plasticienne et scénographe Trixi Weis. Avec les autres membres de l’asbl, elle est parvenue à faire comprendre cette nécessité aux décideurs politiques qui, après près de trois ans de discussions, ont fini par mettre à disposition de l’AAPL les bâtiments 7 et 9 de l’ancien complexe de l’école de police, rue Auguste Lumière à Bonnevoie-Nord/Verlorenkost. 

Des ateliers individuels, mais aussi collectifs

Sur trois étages, les anciens appartements ont alors été transformés en ateliers. « Ce sont de petits ateliers, allant de 10 à 25 m2 » précise-t-on du côté de l’association. « Ce ne sont donc pas des ateliers pour des tailleurs de pierre ou pour des créations monumentales, mais chaque atelier a une fenêtre, du chauffage, deux points d’eau à chaque étage… bref, tout ce qu’il faut ». Les locaux disposent même d’espaces de stockage au sous-sol.
En tout ce sont 45 ateliers qui sont disponibles pour les artistes ; plasticiens, mais pas seulement. Une vingtaine de ces locaux a déjà trouvé preneur. Les autres sont toujours disponibles.
Parmi ces 45, trois sont des ensembles de 5 ateliers en enfilade où il faut passer par une première pièce pour rejoindre les 4 autres. « C’est bien pour des collectifs ou des collègues qui se connaissent bien » note la présidente de l’AAPL. Les autres ateliers sont eux, individuels, plus ou moins grands, avec ou sans balcon.

Des prix modiques

Quelle que soit la taille de l’atelier, son prix locatif demeure autour des 10 euros le mètre carré. Un tarif bon marché équivalent, en somme, à une participation aux frais : charges, assurances, nettoyage des parties communes, etc… « Le but de l’association n’est pas de faire des bénéfices, reprend Trixi Weis, mais de répondre à ce besoin d’atelier d’artistes et de faire de ce lieu une ruche, un lieu où les choses bougent, où naissent des synergies ». Elle poursuit : « Les ateliers sont petits, mais l’avantage c’est qu’il y en a beaucoup. Dans des endroits où il y a 6 ateliers, le risque est qu’il n’y ait personne d’autre de présent. Ici, avec 45 ateliers, il devrait toujours il y avoir quelqu’un sur place ». C’est aussi pour ça que les lieux comptent un réfectoire et une salle de réunion, où les locataires pourront se rencontrer, discuter, s’inspirer…
Pour pouvoir prétendre à l’un des ateliers encore disponibles, les artistes doivent : « ne pas encore avoir d’atelier, envoyer un dossier d’artiste, un CV, une lettre de motivation et être ou devenir membre de l’AAPL » énumère la présidente qui ajoute, « il n’y aura pas de jury, au niveau des critères esthétiques, mais un comité de sélection étudiera tout de même la volonté de professionnalisation et la disponibilité afin assurer une activité régulière des artistes aux ateliers ». Certaines disciplines artistiques ne pourrons pas être accepter pour des raisons de sécurité. Pour le reste, les candidats devront signer un contrat de mise à disposition en bonne et due forme et suivre le règlement d’ordre intérieur. « Il faudra respecter les règles » prévient l’association.



Des résidences, des portes-ouvertes et de petites expos

En plus des 45 ateliers à disposition d’artistes qui pourront demeurer locataires « aussi longtemps que durera notre convention avec l’État », un des anciens appartements des lieux a gardé sa fonction première. « Dès qu’on pourra, on proposera des double-résidences d’artistes luxembourgeois – un appartement, deux artistes -, ensuite, on espère arriver à organiser également des résidences-échanges avec des artistes étrangers » s’avance Trixi Weis.
En plus des artistes, les résidents du quartier pourront aussi profiter du renouveau des deux bâtiments. Une journée portes-ouvertes est prévue tous les ans pour que le publique puisse aller à la rencontre des artistes et le plus grand des ateliers, de 38m2, pourra ponctuellement accueillir de petites expositions.
La mise à disposition de ces ateliers donne une nouvelle envergure à l’AAPL qui compte actuellement quelques 150 membres – dont une dizaine de nouveaux depuis l’annonce de ce projet – et qui aura désormais ses bureaux sur place. Un projet possible grâce à l’effort conjoint de trois ministères explique l’association : « le ministère des Finances qui met les bâtiments à disposition, le ministère de la Mobilité et des Travaux publics, car les bâtiments de l’état sont gérés par l’administration des Bâtiments publics et le ministère de la Culture qui nous soutient et nous a permis financièrement de faire la mise en conformité des lieux et d’engager une gérante administrative ateliers, un gérant technique pour atelier et une gérante admin pour AAPL ».

Pour plus d’informations : https://aapl.lu